La crise sanitaire aura ébranlé le tissu économique de bon nombre de régions françaises. Conscients de cette situation, de nombreux élus locaux s’efforcent de soutenir les entreprises les plus fragilisées. Laurent Wauquiez, président du conseil régional d’Auvegrne-Rhônes-Alpes, a notamment annoncé la création d’un fonds souverain destiné à renforcer les capacités d’investissement des entreprises locales.
Auvergne-Rhône-Alpes : une région qui n’a pas été épargnée par la crise
La région Auverge-Rhône-Alpes est le cœur industriel de la France avec plus de 500 000 salariés qui œuvrent dans ce secteur. Un dynamisme économique qui laissait a pensé qu’elle pourrait résister à la crise. Contre toute attente, la pandémie de COVID aura eu raison de l’optimisme des différents acteurs locaux.
Dans le cadre d’un sondage mené par la Chambre du Commerce et de l’Industrie de la région, près de 26 % des chefs d’entreprise interrogés soutiennent que ces circonstances particulières ont entrainé un recul de chiffre d’affaires de 25 à 50 %. En conséquence, un établissement sur trois fait face à des problèmes de trésorerie. Néanmoins, le secteur tertiaire est plus durement touché que celui de l’industrie.
Cette situation n’inquiète pas uniquement les principaux concernés à savoir les chefs d’entreprise. Les responsables des services déconcentrés et les élus locaux se sont également penchés sur la question en essayant de mettre en place différents dispositifs d’aides. À Laurent Wauquiez d’annoncer le 21 janvier dernier la création d’un fonds souverain régional
Une décision qui n’est pas une première en Europe
Les initiatives pour minimiser les conséquences économiques de la pandémie se multiplient partout en Europe. Avant même le confinement, quelques régions européennes à l’exemple de la Bavière ou de la Catalogne se sont constituées un fonds souverain. Ces réserves de liquidités servent justement à affronter les conjonctures difficiles en protégeant le tissu économique local.
Pour le cas de la région Auvergne-Rhône-Alpes, Laurent Wauquiez, chef de l’exécutif régional, soutient que cette initiative a pour but de donner des capacités d’investissement aux entreprises en difficulté. Rappelons que c’est dans de telles situations que certains groupes économiques étrangers investissent en masse dans des secteurs stratégiques.
Un scénario que Laurent Wauquiez espère prévenir en offrant aux entreprises les plus vulnérables la possibilité de se recapitaliser sans céder des actions à des « investisseurs extérieurs ». Il s’agit donc d’une mesure protectionniste visant à préserver la fine fleur de l’industrie française.
Pour l’heure, on estime que ce fonds s’élèverait à environ 120 millions d’euros, dont 70 millions fournis par l’État à travers la Banque Public d’Investissement (BPI) et 50 millions livrés par la région elle-même.
Toujours est-il que ce fonds n’a pas pour unique but de soutenir les sociétés les plus fragiles en ces périodes difficiles. Il servira également à accélérer la relance économique d’après-crise. Malgré le contexte actuel, la course à la compétitivité est bien une réalité. Des capacités d’investissement insuffisantes peuvent donc couter des parts de marché à de grands groupes qui sont bien installés dans certains secteurs.
Media Post